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Présentation du programme scientifique pour la période 2007-2010

Pour ce quadriennal, le LISAH entend conserver les objectifs et la démarche qui étaient les siens lors de sa création en 2003.
Rappelons ainsi que le LISAH se propose de développer une hydrologie des milieux cultivés qui prend en compte, analyse et modélise les interactions entre i) le sol, siège des écoulements,ii) les agrosystèmes, source de forçages et de modification de la géométrie du milieu, et iii) le fonctionnement de l'hydrosystème. Les objectifs spécifiques poursuivis sont:

  1. Développer les connaissances sur les transferts de masse et l'écodynamique des substances polluantes dans les sols et les bassins versants ruraux en relation avec leurs organisations spatiale et temporelle d'origines naturelle et anthropique,

  2. Elaborer des outils permettant de diagnostiquer et prévenir les risques qu'induisent les activités humaines dans les milieux cultivés sur les régimes hydrologiques et l'évolution des ressources en eau et en sol

  3. Contribuer à la définition de nouveaux modes de gestion durable de l'espace,

  4. Former des étudiants aux concepts et aux outils d'analyse et de modélisation de l'organisation spatiale et de l'hydrologie des milieux cultivés.

Nous conservons aussi une démarche fondée sur le triptyque : i) étude des processus hydrologiques, ii) analyse et représentation de l'organisation spatiale des milieux cultivés, iii) modélisation hydrologique distribuée.

Lors du premier quadriennal, l'enjeu majeur au plan collectif était d'asseoir le projet collectif, de favoriser son appropriation par l'ensemble des composantes de l'UMR, de développer les synergies entre les différentes disciplines représentées et de construire un ensemble d'actions transversales aux équipes fondatrices de l'UMR : AMBRE et SHAM. Dans ce contexte, nous n'avions pas envisagé la structuration du LISAH en équipes malgré un nombre de scientifiques et une diversité thématique suffisants pour cela. En effet, il nous semblait essentiel que, dans une première phase, l'animation scientifique soit menée à l'échelle de l'ensemble du collectif et non de manière hiérarchisée par équipes. A présent, nous estimons que le projet collectif est mieux partagé. Nous proposons donc une structure d'animation différente, montrée dans l'organigramme ci-contre (tableau 17), reposant sur la création de trois équipes au sein de l'UMR et de deux projets transversaux. Cette nouvelle organisation résulte d'une réflexion menée depuis mi-2004, successivement au sein du conseil des scientifiques et ingénieurs et du conseil d'unité et des assemblées générales. Elle a plusieurs objectifs :

  1. Développer une réflexion stratégique spécifique par thématique de recherche abordée sur les axes de travail à développer, les moyens humains et matériels à mobiliser

  2. Créer des relais d'animation clairs, responsables d'équipes, de projets transversaux et de pôles techniques, au sein de l'UMR

  3. Mieux afficher en interne et en externe les domaines de recherche majeurs développés par le LISAH.

Les trois équipes de recherche identifiées sont intitulées :
  1. « Eau et polluants en bassins versants cultivés »
  2. « Erosion et transport solide »
  3. « Organisation spatiale et fonctionnement des paysages cultivés »

Les deux premières équipes sont issues d'un partage du groupe thématique « hydrologie » tandis que la troisième correspond exactement au groupe « organisation spatiale ». C'est certainement la création d'une équipe dévolue à l'étude des mécanismes d'érosion qui est un des faits marquants de cette nouvelle structure. Elle se justifie par l'importance des problématiques environnementale et agronomique associées tant dans les pays du Sud qu'en France.

A coté de la constitution d'équipes, nous avons mis en place deux projets transversaux qui doivent conférer un cadre de travail commun, favoriser la synthèse des résultats spécifiques de chaque équipe et donc insérer ces dernières dans le projet collectif de l'UMR. L'un des deux projets repose sur le développement de l'ORE OMERE qui constitue la base d'observation majeure du LISAH et permet d'envisager l'étude de processus hydrologiques, érosifs et biogéochimiques sur des pas de temps longs. Il concerne principalement les deux équipes « Eau et polluants » et « Erosion », mais constitue aussi une base de travail méthodologique pour l'équipe « organisation spatiale » dans ses travaux de mise au point de méthodologies de description de l'espace cultivé et de modélisations simplifiées à visées opérationnelles. L'autre projet correspond au développement d'une plateforme de modélisation hydrologique distribuée des paysages cultivés. En interne, ce projet doit, d'une part, capitaliser les acquis du LISAH en matière d'étude de processus de transfert et de représentation numérique des espaces cultivés et, d'autre part, permettre d'opérer les couplages entre processus, mais aussi entre phénoménologie et géométrie de l'espace, à l'échelle d'unités de paysages ruraux, hétérogènes et fortement anthropisées. En externe, ce projet doit constituer notre apport au programme national pluri-laboratoires SEVE portant sur le développement d'une modélisation générique des surfaces et interfaces continentales. En effet, il permet d'expérimenter certaines approches de modélisation intégrables dans SEVE.

Enfin sont créés deux pôles techniques, correspondant aux deux types de compétences techniques présentes dans le LISAH à savoir les techniques expérimentales d'une part, et l'informatique de l'autre. Ce choix de ne pas inclure le personnel technique dans les équipes de recherche est lié à la similitude de besoins en compétences techniques des différentes équipes et donc au rôle transversal qu'a nécessairement chaque technicien du fait de sa spécialisation. Une raison complémentaire est la faiblesse numérique relative du groupe technique en comparaison de la gamme de compétences nécessaires aux travaux que nous menons et du nombre de scientifiques et ingénieurs de l'unité. Pour assurer une bonne liaison entre les équipes de recherche et les pôles techniques, un correspondant technique issu des pôles sera désigné pour participer aux réunions de chaque équipe.

Nous pouvons indiquer plusieurs évolutions générales, attendues pour la période 2007-2010 et déjà engagées en partie :

  1. Poursuivre le développement de l'usage des approches de modélisation des flux pour l'analyse et le couplage des processus et le test d'hypothèses de fonctionnement. Cet effort doit permettre de mieux tirer parti de l'important effort d'observation in situ mené par le LISAH et, notamment, d'assurer une interprétation transversale des observations sur les différents sites et d'en extraire les éléments de connaissance génériques. Un effort de formation interne sera entrepris pour généraliser la maîtrise des outils de modélisation au sein du laboratoire, en particulier ceux développés en interne comme la plateforme MHYDAS.

  2. Accroître l'analyse des processus d'évolution sur le long terme des flux et bilans de masse à l'échelle d'unités de paysage cultivés. Cela est à présent possible grâce à la mise en place de l'ORE OMERE. Au plan scientifique strict, l'enjeu est d'arriver à différencier les processus élémentaires à pas de temps long et à pas de temps courts dont le couplage produit les évolutions à long terme. Cette problématique intervient pour l'étude des bilans hydrologiques, des flux érosifs et des phénomènes de contamination des eaux.

  3. Augmenter l'insertion de nos programmes de recherches dans des initiatives nationales et internationales en y faisant participer nos partenaires du Sud. Cela est rendu nécessaire sur le plan scientifique du fait de notre échelle de travail qui nécessite fréquemment l'articulation de compétences allant bien au-delà de celles disponibles au sein du LISAH. Durant le quadriennal en cours, cela n'avait pas été une de nos priorités du fait du besoin de maturation de la nouvelle UMR. Néanmoins, une telle évolution a déjà été entamée au travers de notre participation active à des programmes nationaux importants tels RIDES et SEVE. Un effort est actuellement en cours au plan européen par la coordination d'un projet STREP et la participation à un autre projet, tous deux soumis fin 2005 pour un démarrage fin 2006.

  4. Consolider notre insertion dans le dispositif d'enseignement supérieur. Sur la période écoulée, nous avons accompagné la réforme LMD et structuré notre contribution au sein d'un Master recherche et d'un Master Pro ainsi que d'une spécialisation d'ingénieurs de SupAgro Montpellier. Il s'agit à présent de capitaliser les moyens pédagogiques afférents (cours, TD, TP,..) en vue de développer un ensemble de ressources pédagogiques relatives à l'hydrologie des milieux cultivés et à la description des sols et des paysages ruraux.