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Laetitia Gal, en post-doc au LISAH réalisera un exposé scientifique le vendredi 31 mars de 11h à 12h30
 
Titre:
Modélisation de l'évolution paradoxale de l'hydrologie sahélienne
 

Résumé :
La région sahélienne est caractérisée, depuis la moitié du XXème siècle, par un déficit pluviométrique important marqué par de fortes sécheresses en 1972-73 et en 1983-84 qui ont eu des effets considérables sur l‘écosystème, les ressources et la population locale. Les réponses hydrologiques induites par ce déficit se traduisent par des effets contrastés suivant la zone géographique considérée. Si dans la zone soudano-guinéenne, une baisse des écoulements de surface a été observée, la zone sahélienne, paradoxalement, a connu une augmentation de ces écoulements durant la même période. La plupart des études visant à mieux comprendre cette évolution paradoxale ont été effectuées en milieu sahélien cultivé, où l‘augmentation du ruissellement a souvent été attribuée au changement d‘usage des sols suite aux besoins de la population croissante. Toutefois, ce même phénomène est aussi observable dans les zones majoritairement pastorales où les modifications d‘usage des sols ne suffisent pas à expliquer les modifications hydrologiques observées. Les objectifs de cette thèse consistent à étudier, au travers de la modélisation hydrologique, l‘évolution conjointe des différents processus régissant l‘hydrologie sahélienne et de hiérarchiser leurs impacts sur l‘évolution du ruissellement de surface sur les 50 dernières années en milieu pastoral. Pour ce faire, le modèle de ruissellement KINEROS2, a été appliqué au bassin versant d‘Agoufou. Ce bassin de type endoréique est situé dans la région du Gourma, au Mali et est instrumenté par le service d‘observation AMMA-CATCH qui fournit une partie des données nécessaires au forçage et à l‘évaluation du modèle. La première partie de ces travaux a été dédiée à la quantification des changements survenus au cours des 50 dernières années sur ce bassin ainsi qu‘au niveau de son exutoire, le lac d‘Agoufou. Une cartographie des unités paysagères identifiées à partir d‘images satellite et de photographies aérienne, a été réalisée pour les années 1956 et 2011. Cette cartographie a mis en évidence l‘évolution des états de surface, marquée par l‘érosion des sols peu profonds et la dégradation de la végétation de type brousse tigrée en faveur de l‘extension des surfaces de sols nus (+35 km² entre 1956 et 2011) ainsi que par l'augmentation de la densité du réseau de drainage (×1.5) et par celle de la superficie du lac (534 m² en 1956 pour 2×106 m² en 2011). L‘évolution du débit au cours du temps a été quantifiée à partir des variations de volume du lac établies via une relation entre les surfaces estimées par télédétection et les hauteurs d‘eau mesurées in-situ. Cette relation a été couplée à une équation de bilan d‘eau, prenant en compte les précipitations, l‘évaporation et l‘infiltration sur le lac pour quantifier les apports d‘eau à l‘exutoire. Nous avons ainsi mis en évidence l‘évolution nette du coefficient de ruissellement du bassin qui est passé de 0% dans les années 1970 à 5.5 % dans les années 2000.