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Vendredi 16 février de 11h à 12h30, Jean Riotte, chargé de Recherche IRD dans le laboratoire Géosciences Environnement Toulouse, présentera l'Impact de l’agriculture sur la ressource en eau (quantité et qualité) en Inde du Sud (Salle réunion bibliothèque LISAH)

Résumé :

L'agriculture indienne a évolué depuis 70 ans grâce à plusieurs « révolutions », c'est-à-dire des réformes majeures des modes de productions qui ont abouti à l'autosuffisance alimentaire du pays en quelques décennies. La dernière en date, « the groundwater revolution » a débuté dans les années 1990 grâce au développement des pompes immergées.
Aujourd'hui, les plus de 20 millions de puits pompés extraient annuellement 260 km3 d'eau (Shah, 2014), soit les deux-tiers environ du Gange. L'irrigation par les nappes, autrefois appelée « irrigation mineure » par opposition à l'irrigation par barrages et canaux (irrigation majeure) représente maintenant 60% des flux irrigués et consomme environ 30% de l'électricité nationale. L'inde est devenue le premier pays consommateur d'eau de nappe, mais également celui où la baisse des niveaux de nappes est la plus rapide. L'Inde péninsulaire, dont le sous-sol est composé d'aquifères fracturés, est particulièrement vulnérable. Comment évolue la ressource en eau dans de tels agrosystèmes ? C'est pour répondre à cette question que le chantier indien de l'ORE BVET a été initié en 2003, au sein de la Cellule Franco-Indienne de Recherche en Sciences de l'Eau à Bangalore.
Notre approche a consisté à comparer les dynamiques hydro-géochimiques d'un bassin versant préservé (forêt de Mule Hole) et d'un cultivé (bassin de Maddur puis Berambadi), afin de prendre en compte l'effet de la variabilité décennale des régimes de mousson. Nous avons montré que dans le système forestier, les arbres contrôlent le cycle de l'eau à l'échelle pluri-annuelle, ainsi que les cycles biogéochimiques. Les quatre espèces majeures tirent parti d'une zone non-saturée épaisse (10 à 30m) pour partager verticalement la ressource en eau, ce qui a des conséquences directes sur les flux hydro-biogéochimiques exportés du bassin versant. En milieu cultivé, l'irrigation par pompage débutée il y a 20 ans dans la partie avale de la Berambadi a induit une chute des niveaux de nappes et un gradient hydraulique inverse qui s'accentuent d'année en année. La qualité des nappes se dégrade également mais selon des mécanismes variés (nature des sols, historique de l'irrigation, niveau d'épuisement des nappes) qui diffèrent selon les espèces chimiques.
Ce chantier offre de nombreuses opportunités de collaboration avec le LISAH, vis-à-vis de la caractérisation des propriétés des sols, de leur spatialisation y compris dans une perspective temporelle : nous observons sur le terrain une extension rapide des anthroposols dont l'impact reste à explorer.